mercredi 18 novembre 2009
3-4, vers 4.
Parfois, un cours se passe particulièrement bien, ou présente tout du moins une ou deux avancées plus ou moins considérables, et je retrouve un certain optimisme. Aujourd'hui, j'ai galopé à peu près en ordre avec la petite jument fringante : elle n'a pas coupé les coins et elle n'est pas retombée dans un trot rapide, destiné à m'empêcher de la remettre au galop. Du coup, je me surprends à espérer d'arriver à quelque chose en selle. En fait, je suis arrivée à quelque chose ; c'était mon but avec elle, de galoper en ordre pendant plus d'un tour de manège ou deux, et c'est la première fois que j'y arrive, en plus d'une dizaine de cours sur son dos. Il y a donc un progrès. Et j'aime progresser. J'aime être à l'aise sur un cheval attentif. J'aime galoper sur un cheval confortable et réactif, et, au final, j'aime même sentir sa force et un peu d'adrénaline s'il essaye de me prendre la main. Redescendue à terre, je me surprends à penser que rien ne dure pour toujours, pas même la froide pluie de novembre --merci Axl-- et que j'ai atteint le bout du tunnel.
J'aime beaucoup moins, en revanche, cette terreur incontrôlable et maladive, qui me tord les boyaux et me donne envie de vomir, et qui m'empêche d'appréhender sereinement le travail à effectuer. Cette sensation de ne pas être à la hauteur, quels que soient mes efforts. Cet allongement démesuré du tunnel, qui recommence à chaque cours et m'éloigne de lumière à la sortie... Et je déteste mon prof, bien sûr, qui n'est qu'un lâche et qui me dégoûte progressivement de l'équitation. De là à changer de club... cependant... il y a un très grand pas que je ne suis pas encore prête à faire...
samedi 14 novembre 2009
Ronf.
Le chat ronfle et je lutte contre le sommeil. L'équitation est probablement le plus décourageant des sports. Il faut se battre sans arrêt. Chaque minute passée en selle est une bataille pour le contrôle de son propre corps et pour la maitrise de l'esprit de sa monture. Dès qu'on perd un peu l'équilibre, la colonne vertébrale se tasse à chaque foulée, les dents s'entrechoquent, les étriers s'enfuient et le sol se rapproche dangereusement. Le cheval en profite généralement pour couper les coins ou choisir l'allure qui lui convient le mieux... C'est un exercice d'équilibre et de coordination qui semble dépasser de loin les capacités d'un cerveau normalement constitué, qui n'arrive pas à tout faire à la fois : chausse les étriers au tiers du pied -- baisse les talons -- recule les épaules -- baisse tes mains -- serre les jambes -- recule la jambe droite -- garde les mains parallèles au garrot -- accompagne le mouvement -- écarte la main droite pour qu'il reste sur la piste -- RECULE LES ÉPAULES -- BAISSE LES TALONS -- redresse-toi et serre les mains sur les rênes -- sur le bon diagonal -- chausse les étriers au tiers du pied -- RECULE LES ÉPAULES -- entretiens le trot -- mets des jambes -- rêne droite, rêne droite, RÊNE DROITE POUR QU'IL FASSE LE COIN -- des jambes -- change de diagonal -- RECULE LES ÉPAULES....
Bras en compote, dos douloureux, cerveau HS, et en attendant le cheval continue d'avancer en trimbalant le sac à patates qui rebondit misérablement sur son dos en se jurant d'abandonner l'équitation au plus vite...
Mais... "Ça fait 10 000 ans que les humains tentent de dresser les chevaux... 10 000 ans qu'on tombe, 10 000 ans qu'on se relève... Qu'on invente les voitures, qu'on invente les avions... Et que pourtant on continue de monter à cheval..."
samedi 26 septembre 2009
...
C'est comme ça tout le temps. Un petit pas timide en avant, un deuxième pas timide en avant, une lueur d'espoir, un pas moins timide en avant, et --miracle-- un quatrième pas en avant ! Et PAM ! Un triple saut périlleux arrière correspondant à dix pas en arrière. Je me retrouve plus découragée qu'avant. Techniquement, j'en suis exactement au même stade qu'en janvier, sauf que je n'ai même plus le moindre enthousiasme. Je ne retrouverai jamais les mêmes sensations et le même entrain. Je ne retrouverai jamais un cheval comme Rodeur et j'aurai toujours peur... C'est comme ça tout le temps et les gens viennent encore me dire que je suis pessismiste ; mais merde, même mon pessimisme aigu ne me protège pas de déceptions de plus en plus amères...
samedi 12 septembre 2009
Yes!
Le cours de ce matin m'a encouragée encore un peu. Je peux encore arriver à quelque chose. Ma position n'est pas parfaite, loin de là : je gigote dans tous les sens et je n'arrive même pas à maintenir Géo dans un petit trot contrôlé pendant plus d'un tour de manège. Fichu instinct grégaire. Mais la transition trot-arrêt-trot était pas mal et j'arrive progressivement à me redresser et à baisser les talons, à retrouver une position plus adaptée. Ces quatre premiers cours étaient super et j'ai hâte de revenir de vacances pour continuer...
vendredi 11 septembre 2009
Pas mal.
C'est devenu une énorme responsabilité de monter la petite jument fringante et espiègle de mon centre équestre : elle est arrivée première dans une des épreuves de saut d'obstacles du Championnat de France de Lamotte-Beuvron. Heureusement, elle est pleine de bonne volonté et elle reste très docile, même si elle a plus de caractère que les chevaux que je monte généralement. Si tous les cours pouvaient se passer comme ces trois premiers cours de l'année, je pourrais envisager de passer le Galop 6 dans deux ans ou deux ans et demi...
mardi 1 septembre 2009
Hey ho, let's go!
On repart ! Cette année, ce sera le jeudi soir et le samedi matin. J'ai retrouvé avec plaisir nos bien-aimés chevaux à peine revenus du pré. Vivement le travail sur des barres au sol, les départs au galop en un point précis et les cessions à la jambe. Trop trop hâte de reposer mes grosses fesses sur le dos de ce cher Kheops !
lundi 24 août 2009
Heaven on Earth
Les deux rênes dans une main, la main libre sur la cuisse, calés dans la selle, cataclop, cataclop, CATACLOP. Ou bien les rênes lâches, près des oreilles, les mains enfoncées dans des crins interminables, en équilibre au-dessus des étriers pour en profiter avec lui, les épaules en arrière pour ne pas se fracasser au sol s'il trébuche, cataclop-cataclop-cataclop, le vent dans les oreilles et la poussière des autres chevaux dans les yeux, on pourrait tout lâcher et s'envoler, mais on vole déjà --CATACLOP-CATACLOP-CATACLOP...
jeudi 6 août 2009
Aspetta e spera.
J'ai enfin trouvé le courage de faire le calcul, mais le total m'a découragée d'avance. Au cours des sept derniers mois, j'ai dépensé une somme à trois chiffres auprès de mon centre équestre --une somme à trois chiffres dont le premier chiffre est encore plus élevé que je ne le craignais... Et je redoute la rentrée de septembre presque autant que je redoutais la reprise en janvier dernier ; aurais-je donc dépensé tout ça pour rien ?
Non, pas tout à fait. L'épouvante est toujours là, prête à m'engloutir, mais j'ai également profité de certaines heures plus réussies qu'à l'ordinaire. On remercie chaleureusement Kheops et on recommence à la fin du mois, si la situation le permet --l'avenir est toujours aussi flou et je ne sais toujours pas si je serai obligée de quitter ma bien-aimée banlieue en octobre prochain. Qui vivra verra.
samedi 11 juillet 2009
:)
Merci au petit dada qui m'a emmenée en forêt --même s'il n'avançait pas...
lundi 6 juillet 2009
<3
J'ai aimé ces chevaux de tout mon cœur. Ils m'ont fait vivre et rêver et ils m'ont donné l'impression d'arriver à quelque chose sur leurs dos. J'ai craqué pour leurs robes et leurs crinières plus ou moins touffues et j'ai apprécié leurs beautés tant diverses et leurs caractères bien différents... D'une certaine manière, je les aime encore et je regrette un peu, au fond, de ne pas avoir pu en faire mes chevaux.
Je pars en balade en forêt samedi et je pense au petit cheval qui m'a emmenée au galop entre les pins de Pietrasanta. Les non-cavaliers ne comprendront pas, mais je pense que nous étions heureux ensemble... Il me manque encore. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Je ne sais pas non plus ce que sont devenus Rodeur, Enzo et Atome... Mais j'espère que mon prochain grand amour équin sera le bon...

