jeudi 30 juillet 2009
Eugénie Grandet
-Par la diligence! dit Eugénie. Une chose pour laquelle j'aurais donné mille fois ma vie !
Cette phrase résume tout le drame de la vie d'Eugénie Grandet. Hier, Balzac m'a coupé le souffle alors que je lisais au soleil sur un banc parisien. Il m'a fait sentir tout le poids d'une vie gâchée, perdue dans une attente inutile et dans le souvenir d'un seul baiser, échangé en cachette dans le couloir obscur d'une maison de Saumur. Et la phrase suivante...
Épouvantable et complet désastre. Le vaisseau sombrait sans laisser ni un cordage, ni une planche sur le vaste océan des espérances.
vendredi 24 juillet 2009
Le Colonel Chabert (2)
--Savez-vous, mon cher, reprit Derville après une pause, qu'il existe dans notre société trois hommes, le Prêtre, le Médecin et l'Homme de justice, qui ne peuvent pas estimer le monde ? Ils ont des robes noires, peut-être parce qu'ils portent le deuil de toutes les vertus, de toutes les illusions. Le plus malheureux des trois est l'avoué. Quand l'homme vient trouver le prêtre, il arrive poussé par le repentir, par les remords, par des croyances qui le rendent intéressant, qui le grandissent, et consolent l'âme du médiateur, dont la tâche ne va pas sans une sorte de jouissance : il purifie, il répare et réconcilie. Mais, nous autres avoués, nous voyons se répéter les mêmes sentiments mauvais, rien ne les corrige, nos Études sont des égouts qu'on ne peut pas curer. Combien de choses n'ai-je pas apprises en exerçant ma charge ! J'ai vu mourir un père dans un grenier, sans sou ni maille, abandonné par deux filles auxquelles il avait donné quarante mille livres de rente ! J'ai vu brûler des testaments ; j'ai vu des mères dépouillant leurs enfants, des maris volant leurs femmes, des femmes tuant leurs maris en se servant de l'amour qu'elles leur inspiraient pour les rendre fous et imbéciles, afin de vivre en paix avec un amant. J'ai vu des femmes donner à l'enfant d'un premier lit des goûts qui devaient amener sa mort, afin d'enrichir l'enfant de l'amour. Je ne puis vous dire tout ce que j'ai vu, car j'ai vu des crimes contre lesquels la justice est impuissante. Enfin, toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. Vous allez connaître ces jolies choses-là, vous ; moi, je vais vivre à la campagne avec ma femme, Paris me fait horreur.
Honoré de Balzac
jeudi 23 juillet 2009
Coincidenza
Une coïncidence surprenante, sachant que j'ai réfléchi ces jours-ci sur les rapports entre blogs et vie privée.
Ce soir, je suis allée faire mes courses au supermarché "Croisement". J'aime faire mes courses entre 20h45 et 21h30, juste avant la fermeture, pour ne pas devoir me battre avec tous les autres clients du magasin... En traversant le rayon fruits et légumes, je remarque un visage connu. J'observe discrètement la jeune fille. Je la reconnais. Je suis sûre à 95% qu'il s'agit d'une cavalière de mon ancien centre équestre. Je ne l'ai pas connue personnellement, mais je suis tombée sur son blog cet hiver et je l'ai suivi pendant quelques temps, dans le besoin maladif de voir les photos d'autres gens à cheval et de lire des compte-rendus enthousiastes de journées entières passées au centre équestre. Je l'admire et je l'envie à en crever ; je crois qu'elle a le Galop 6. J'ai vite arrêté de suivre son blog, cependant... Il était trop peu fourni et trop sentimental... Mais je l'ai reconnue. Elle est plus jolie en vrai que sur les photos qu'elle a mises en ligne. Elle est même remarquablement jolie et très sexy. Elle a acheté des paquets de laitue et plein de chips, puis elle a rejoint sa copine qui était encore en tenue d'équitation --avec de magnifiques chaps marrons-- et elles se sont éloignées dans le rayon pains et brioches. Moi, j'ai traversé le rayon légumes pour prendre l'escalator et m'acheter de la colle à l'étage, en me demandant si elles fêtaient quelque chose ce soir, si elles allaient retrouver leurs amis cavaliers un peu plus tard, et si je verrai les photos sur un de leurs blogs un de ces jours...
I love blogging!
On m'a posé deux colles récemment. Un collègue m'a demandé d'où me vient mon obsession pour les chevaux. J'ai été bien embêtée pour répondre ; allez expliquer à un non-cavalier ce que l'on ressent sur un obstacle un peu plus haut que d'habitude ou durant un galop incontrôlé en ballade... Puis des amies se sont interrogées devant moi sur l'utilité et l'intérêt de tenir un blog et de raconter sa vie privée, jusque, parfois, dans ses moindres détails, à des inconnus. Là non plus, je ne sais pas répondre avec précision.
Photos, vie privée, curiosités, critiques littéraires ou cinématographiques, cuisine, santé : on trouve désormais des blogs sur absolument tous les sujets. Je lis avec assiduité les blogs de quelques traducteurs et de quelques cavaliers, mais aussi des blogs d'inconnus... Des gens qui ont laissé un commentaire chez moi et m'ont ainsi invitée dans leur petit espace virtuel. J'ai survolé leurs billets et, parfois, j'ai ajouté leurs blogs à mes favoris, pour me souvenir de retourner suivre leurs aventures. J'ai appris beaucoup de choses. J'ai eu envie de voir le film Max Payne après avoir vu la bande-annonce sur le blog de Jason. Grâce au blog Trains et pissenlits, je pense souvent, en traversant la gare de Paris-Montparnasse, aux déboires des chefs de gare. Les blogs de traducteurs me confirment, à chaque lecture, que j'aime ce métier : tous ces billets pétillants, professionnels, réalistes et optimistes à la fois me donnent envie d'exercer ce métier toute ma vie !
D'une certaine manière, on finit par avoir un aperçu de la personnalité du blogueur, on s'attache à son style et à ses anecdoctes, on attend avec impatience ses nouveaux dessins sur les élèves de Mayotte, on s'intéresse à son monde et on agrandit le sien par la même occasion. Ce blog m'a apporté énormément, non seulement parce qu'il m'a permis d'étaler ma vie sur le net d'une manière "non contraignante", comme dirait Pazzà, mais aussi parce qu'il m'a faite entrer de plein pied dans la blogosphère. Désormais, la catégorie Blogs de mes favoris contient 26 blogs, et j'en suis une vingtaine avec une grande régularité --c'est-à-dire que je ne peux pas m'empêcher de regarder, au moins une fois par semaine, si telle ou telle personne a posté un nouveau billet. Merci à tous ces blogueurs, d'ailleurs... :)
Et voilà. I love blogging. Quand on tombe dans la marmite bloguienne, je pense qu'on n'en sort jamais !
mercredi 22 juillet 2009
Due anni dopo.
I'm not dead yet.
317 billets, 709 commentaires, 5586 visites. Je ne suis pas une blogueuse très assidue et mes statistiques diminuent régulièrement depuis quelques mois, mais ce blog tient encore la route. Merci à tous ceux qui passent ici pour une seconde ou une minute et qui laissent un petit commentaire sur leur passage. La blogosphère est pleine de surprises et de rencontres et je suis ravie d'avoir décidé, il y a deux ans maintenant, de créer mon petit espace virtuel personnel...
mardi 21 juillet 2009
Le Colonel Chabert
"Quand je dis ces choses à des avoués, à des hommes de bon sens ; quand je propose, moi, mendiant, de plaider contre un comte et une comtesse ; quand je m'élève, moi, mort, contre un acte de décès, un acte de mariage et des actes de naissance, ils m'éconduisent, suivant leur caractère, soit avec cet air froidement poli que vous savez prendre pour vous débarrasser d'un malheureux, soit brutalement, en gens qui croient rencontrer un intriguant ou un fou. J'ai été enterré sous des morts, mais maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière, qui veut me faire rentrer sous terre !"
Honoré de Balzac
dimanche 19 juillet 2009
Opinioni a confronto
Simple Plan : "Generation"
So whatcha gonna do, whatcha gonna say
When we're standing on top
and do it our way?
You say we got no future, you're living in the past
So listen up
- That's my generation
Hey ho, let's go, it's going down tonight
Hey ho, let's go, we're gonna do it
till we die
Cause I, I, I've got no reason to apologize
That's my generation
Limp Bizkit : "My Generation"
Generation X, generation strange
Sun don't even shine through our window pane
So go ahead and talk shit
Talk shit about me
You go ahead and talk shit
About my ge-ge-generation
Cause we don't, don't give a fuck and
We won't ever give a fuck until you
You give a fuck about me
And my generation
jeudi 16 juillet 2009
Back to Bercy
Concert de Madonna jeudi dernier. La photo est floue mais c'est la moins floue du tas...
samedi 11 juillet 2009
:)
Merci au petit dada qui m'a emmenée en forêt --même s'il n'avançait pas...
mardi 7 juillet 2009
Incroyable.
Une chanson terrible qui n'a pas pris une ride: Rappers' Delight de Sugar Hill Gang. On remercie Marianne de souligner que "Le rap perd son âme" et d'aider les ignares tels que moi à se cultiver !

